Le Bureau Exécutif du Mouvement Démocrate a décidé mercredi soir de donner la "priorité au projet et à l'organisation" du parti créé dans la foulée de la
présidentielle, avec un premier Conseil National le 14 mai. "La priorité est au projet et à l'organisation", a déclaré François Bayrou à l'issue de la première réunion des instances nationales
depuis les élections municipales. Une réunion des candidats et des élus du MoDem aux municipales aura lieu le 26 avril à Paris. Elle sera suivie d'un Conseil National le 14 mai, qui sera chargé
de ratifier un règlement intérieur pour l'organisation des mouvements départementaux. Des représentants de l'exécutif, dont François Bayrou, iront à partir de la semaine prochaine dans tous les
départements pour faire la radiographie des attentes et parler avec chacun du bilan des élections municipales.
Le Bureau Exécutif du Modem, composé d'une trentaine de membres, a tiré un premier bilan de ces élections et a relevé le score moyen de 15,9% du premier tour par
les
350 listes autonomes du Modem dans les villes de plus de 10.000 habitants, avec des pointes entre 16% et 32% dans plusieurs villes. Le MoDem a gagné 34 villes de plus de 10.000 habitants, 15 au
premier tour et 19 au deuxième, et y a recensé près de 1100 élus, un bilan jugé positif.
François Bayrou reconnait une "difficulté de communication" autour du "choix stratégique fondamental du MoDem", qui considère que le "centre indépendant peut parler
avec les deux acteurs politiques principaux". Les alliances au cas par cas conclues par le MoDem entre les deux tours, tantôt avec l'UMP tantôt avec le PS, avaient en effet suscité de sévères
critiques. "Alors que l'idée de pouvoir dépasser les frontières marque des points dans l'opinion, au deuxième tour il y a de nouveau une crispation sur le
droite-gauche, qui a été une difficulté pour nous", a-t-il reconnu. Mais il a estimé que "l'horizon électoral" était désormais plus favorable, avec les élections européennes (2009) à la
proportionnelle.
La proposition du Premier ministre François Fillon de modifier le mode de scrutin aux régionales constitue par ailleurs une "ouverture possible". "Nous avons maintenant du temps pour organiser le
mouvement et mettre à jour le projet qui doit être créatif, durable et humaniste. la France a besoin d'un choix politique indépendant et construit."
Le Bureau Exécutif du MoDem a relevé l'impasse des projets PS et UMP, l'un et l'autre loin des attentes des Français.





François Bayrou a donné, ce dimanche 16 mars, sa première réaction aux résultats des élections municipales. Le président du Mouvement démocrate a analysé la
situation nationale, estimant que la "vague de gauche énorme qui a emporté un grand nombre de villes ? est une preuve de plus de l'instabilité de la vie politique française" ajoutant " tant que
l'on aura pas un centre fort et stable, des institutions qui permettent de se faire entendre, on aura ce mouvement de balancier d'un bord à l'autre à dix mois des dernières élections, alors que
le parti socialiste n'a changé aucune de ses têtes, aucune de ces idées aucune de ses expressions. Pour François Bayrou "cela empêche la France d'avancer" et participe à la "stérilité dans
laquelle cela nous plonge".
Marielle de Sarnez était sur le plateau du Grand Journal sur Canal plus, le mercredi 12 mars. Invitée à réagir sur le débat entre Bertrand Delanoë et Françoise
de Panafieu, la candidate du Modem a regretté un "débat assez convenu", "les deux étaient campés dans leur personnage. Cela n'a pas fait bouger une voie." Elle a regretté "qu'il n'y a pas eu un
moment d'émotion, un moment magique où l'on sort des phrases toutes faites" et dénoncé le retour du " camp contre camp, chacun refusant de faire un pas vers l'autre." Interrogée par Jean Michel
Apathie sur le bilan du maire sortant, Marielle de Sarnez a qualifié le bilan de Delanoë de "correct sur certains points, mais insuffisant sur d'autres, je pense notamment à la question des
classes moyennes et du logement, tous ceux qui ont du mal à rester dans Paris." La chef de file du Modem à Paris a notamment mis l'accent sur la question des logements insalubres. Par ailleurs,
elle a noté que "la droite parisienne n'a pas évolué depuis 2001, elle n'a pas essayé de comprendre les raisons de son échec en 2001. Elle voit toujours Paris comme en 2001. Cette ville a bougé :
la sociologie des habitants, la précarité, les logements sociaux?" Questionnée par Miche Denisot sur les alliances et la stratégie du Mouvement démocrate lors des élections municipales, Marielle
de Sarnez a estimé que "la vie politique française a plus bougé en huit jours qu'en trente ans. Nous avons vu en huit jours qu'il y avait deux gauches : l'une progressiste, moderne, ouverte et
qui était d'accord pour des alliances, par exemple avec le centre et donc le Mouvement Démocrate et une gauche très refermée, très repliée. Et l'on s'est également rendu compte qu'il y avait deux
droites" ajoutant que "sortir du droite contre-gauche, c'est nécessaire. Quant on gouverne une ville, ce n'est pas une question d'étiquette."