Après Le Bourget et Drancy début 2007, Noisy-le-Sec saute le pas en cette rentrée scolaire. Plusieurs villes seraient intéressées.
Après Drancy et Le Bourget en début d'année, Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) rend à son tour en cette rentrée 2007 la cantine gratuite pour les 2.500 élèves de ses neuf écoles primaires. «
Bon nombre de parents n'ont pas les moyens de payer la cantine tous les jours, explique Sébastien Moulinat, directeur de cabinet du maire de Noisy-le-Sec Nicole Rivoire (Modem).
L'objectif est de garantir un repas équilibré par jour à tous les enfants de la commune. »
Hausse des inscriptions
Noisy-le-Sec a ainsi investi 300.000 euros pour mettre aux normes et agrandir les réfectoires, acheté pour 137.000 euros de matériel de cantine, et recruté un « responsable
d'office » par établissement. Le personnel municipal s'est vu aussi proposer des heures supplémentaires pour encadrer les élèves à l'heure du déjeuner. Bref, « nous pouvons accueillir
aujourd'hui 100 % des enfants de la commune », se réjouit Sébastien Moulinat. Dans les faits, la ville s'attend à ce qu'un peu moins de 90 % des élèves déjeunent désormais à la cantine
contre 83 % précédemment. Si la mesure n'est pas proposée en maternelle, les taux d'inscription à la cantine y sont également en hausse, grâce à une réallocation des sommes économisées par les
parents.
La mesure représente pour les parents une économie annuelle moyenne de 500 euros par enfant, mais le manque à gagner pour la ville est inférieur, puisque le taux d'impayés
approchait les 40 %. « Le budget de fonctionnement global de la ville n'augmentera pas - sauf pour les frais de personnel -, grâce aux économies réalisées sur les commandes publiques »,
poursuit Sébastien Moulinat. Pour le premier trimestre de l'année scolaire, Noisy-le-Sec a provisionné 200.000 euros.
La Communauté de communes Drancy-Le Bourget y consacre pour sa part 1,1 million d'euros par an. En 2007, Drancy a vu le nombre de demi-pensionnaires progresser de 20 % (900
couverts), Le Bourget de 5 % (40 couverts). Les économies sur les frais de gestion (facturation, relance des impayés, etc.) et la rationalisation des dépenses minimisent en partie le surcoût,
même si « l'objectif n'est pas d'équilibrer les comptes mais de donner accès à l'essentiel, en aidant directement les enfants, ce qui empêche tout détournement des aides », explique
Vincent Capo-Canellas (Nouveau Centre), le maire du Bourget.
Nice (Alpes-Maritimes), Blanquefort (Gironde), Bonneuil-en-France (Val-d'Oise), notamment, seraient intéressées. « Beaucoup attendent l'issue des municipales pour aviser,
affirme Sébastien Moulinat. Certains candidats vont également le mettre dans leur programme. Mais il faut tout de même un peu de marge de manoeuvre financière
pour faire ça. »
VINCENT DE LONGUEVILLE - Les echos.fr - 04/09/07